Symphonie mariale, op.40

Octobre 1948 – janvier 1949

Cette symphonie comporte cinq mouvements : Prélude-Regina coeli, Salve Regina, Ave Regina, Alma Redemptoris, Postlude. Les mélodies du Regina coeli ton simple et de l’Inviolata, très proches l’une de l’autre, constituent le thème principal du Prélude et du Postlude. Les motifs ton solennel des Salve Regina, Ave Regina et Alma Redemptoris forment tour à tour la substance des trois mouvements centraux. Dans chaque mouvement s’adjoignent d’autres thèmes grégoriens servant de motifs accessoires.

– Le Prélude s’ouvre pianissimo sur « Gaudeamus », introït de la messe de l’Assomption, puis mentionne successivement les motifs des trois mouvements centraux. Sur l’alleluia de la messe de la Vierge au temps pascal, il monte crescendo vers « Regina coeli », exposé cinq fois de suite en toute force, dans une harmonie et un rythme chaque fois différents, chaque exposition étant suivie de l’alleluia. Une dernière exposition fait chanter doucement ce « Regina coeli » dans le dépouillement d’un contrepoint à deux voix. Le mouvement s’achève pianissimo sur un accord de trois notes, contrastant avec la rutilance des tutti précédents.

– Le « Salve Regina » qui suit reprend textuellement la Méditation sur le Salve Regina op. 12, le cromorne étant simplement substitué au cornet.

– C’est en effet sur le cornet que chantent l’une après l’autre, dans le troisième mouvement, « Ave Regina », les incises de l’« Ave Maria », introduites chacune par l’« Alleluia » de la messe de la Purification et par un rappel du « Gaudeamus ». Le mouvement se conclut en demi-teinte. Il fait songer à une rosace illuminée du rythme de ses couleurs tantôt estompées, tantôt flamboyantes, puis s’éteignant dans la pénombre.

– La sublime mélodie de l’« Alma Redemptoris » se déploie dans un grand recueillement sur une lente polyphonie à quatre voix que mettent en relief les brèves interventions sur deux voix, entre chaque réexposition, de l’« Ave Maria ». Totale absence d’effets, aucune modulation, une harmonisation discrète note contre note, quelques traits venant simplement ici et là imiter en arrière-plan certaines courbes de la mélodie pour en souligner la grâce.

– Dans le Postlude, une jubilation dansante accompagne en trois expositions successives le chant de l’« Inviolata ». Un grand crescendo sur « Ave Regina » introduit l’acclamation triomphale du « Regina coeli ». Puis, calmement, monte à quatre reprises l’intonation de l’ « Alma Redemptoris ». Un nouveau crescendo amène en force le « Gaudeamus ».  Un decrescendo sur alleluia , et, après quatre points d’orgue successifs, dans le calme d’une gambe et voix céleste, revient l’« Inviolata . Une nouvelle montée de l’« Alma Redemptoris » conclut le mouvement.

Saint-Martin n’a pas traité la richesse thématique des motifs grégoriens comme matière à des développements de type symphonique. Ces motifs sont en fait juxtaposés, séduit qu’il a été par leur éternelle jeunesse. Leur rythmique, leur couleur sont constamment changeantes. L’on dirait qu’il a transfiguré leur pureté romane en foisonnement gothique.

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