Paraphrase du Psaume 136, op.15

1932

En 586 avant Jésus-Christ, Nabuchodonosor, roi de Babylone, détruit le temple de Jérusalem et mène en captivité une grande partie du peuple juif. : « Au bord des fleuves de Babylone, nous étions assis et nous pleurions au souvenir de Sion… Misérable Babylone, bienheureux celui qui te fera ce que tu nous as fait… ». Cette catastrophe inspira à Saint-Martin les quatre mouvements de son Psaume 136. 

Tristesse des Hébreux, large plainte qui, par deux fois, monte comme un cri étouffé, puis s’éteint pour nous faire entendre les Lamentations au souvenir de Jérusalem, patrie lointaine et perdue. Le thème sur cor de nuit, voix humaine et tremblant, en est emprunté aux leçons de l’office des Ténèbres du Vendredi Saint.

En opposition à l’abattement du peuple hébreu, une fanfare retentit. Sur une marche lente, quasi militaire, avançant jusqu’à pleine puissance, Babylone la superbe étale le triomphe de sa domination.

Du fond de leur détresse, Les Hébreux maudissent leurs vainqueurs. Leur sourde colère s’amplifie. Le mouvement s’accélère. Avec la reprise violente du thème de la première partie, explosent les imprécations vengeresses des captifs. Mais il n’était pas dans l’esprit de Saint-Martin de conclure sur de tels sentiments. Le calme d’une gambe et voix céleste accompagne le retour du thème des lamentations, et sur une flûte de 8’, chantent les premières notes du thème du début.

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